I. L'invitation
L'enveloppe était noire, scellée d'un sceau de cire dorée. À l'intérieur, deux lignes :
« Présentez-vous vendredi à 20h. Vêtu de noir. Ne posez aucune question. »
Je n'avais jamais répondu aussi vite à un message de ma vie. Trois mots : « Je viendrai. » Pas de point d'exclamation. J'avais déjà compris.
Le vendredi, à 19h45, j'étais au bas de l'immeuble. Costume noir. Chemise noire. Pas de cravate — l'enveloppe ne l'avait pas précisé, et au doute, j'avais préféré le silence.
À 19h59, j'ai sonné. Pas une seconde plus tôt. Pas une seconde plus tard.
La porte s'est ouverte sans un bruit. Elle se tenait au fond du couloir, immobile, dans une longue robe de velours bordeaux. Elle ne m'a pas souri. Elle ne m'a pas regardé.
« Avance. Lentement. Et regarde le sol. »
J'ai avancé. Quatre pas. Cinq. Six. Quand je suis arrivé à un mètre d'elle, elle a dit, très doucement :
« Maintenant, mets-toi à genoux. »
J'ai plié le premier genou. Puis le second. Mes paumes, sans qu'on me le demande, se sont posées sur mes cuisses. Mon menton, sans qu'on me le demande, est tombé.
Et pour la première fois de ma vie, j'ai eu la sensation d'être exactement à ma place.