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Sous ma douche 🚿

Il est arrivĂ© trop tĂŽt. La porte de la salle de bain est restĂ©e entrebĂąillĂ©e, volontairement. Un mince filet de lumiĂšre jaune dĂ©coupe le couloir sombre et vient s’écraser sur le carrelage froid. Il s’agenouille sans faire le moindre bruit, exactement Ă  l’endroit oĂč elle lui a ordonnĂ© de se placer la derniĂšre fois. Les genoux posĂ©s Ă  mĂȘme le sol. Les mains Ă  plat sur ses cuisses. Le dos droit. Le regard baissĂ©, comme on le lui a appris. Il attend. Le bruit de l’eau qui se met Ă  couler le fait tressaillir. Un simple clic de robinet, puis le frottement de la vitre de douche qu’on ferme. Il lĂšve enfin les yeux. Sa MaĂźtresse est dĂ©jĂ  sous l’eau. La vitre est embuĂ©e, mais pas assez pour tout cacher. Il distingue la silhouette de son corps, la courbe de ses hanches, le mouvement lent de ses bras lorsqu’elle relĂšve ses cheveux mouillĂ©s. L’eau glisse le long de sa nuque, descend entre ses omoplates, suit la ligne de son dos jusqu’au bas de ses reins, puis disparaĂźt. Elle se tourne lĂ©gĂšrement. Un de ses seins apparaĂźt un instant, lourd, la peau brillante sous les gouttes. Puis la vapeur le recouvre Ă  nouveau. Il n’a pas le droit de bouger. Il n’a pas le droit de se toucher. Il n’a mĂȘme pas le droit de respirer trop fort. Pourtant son sexe est dĂ©jĂ  douloureux, coincĂ© dans le tissu de son pantalon. Il serre les dents. Chaque seconde qui passe le rend plus petit, plus humble, plus avide. Elle le sait. Elle le sent. C’est pour ça qu’elle prend son temps. C’est pour ça qu’elle s’attarde. Elle se savonne avec une lenteur presque cruelle. Les mains glissent d’abord sur sa poitrine, s’attardent, dessinent des cercles lents. Elle relĂšve un sein, le laisse retomber, recommence. Puis ses doigts descendent. Elle Ă©carte lĂ©gĂšrement les cuisses. L’eau ruisselle entre elles, emportant la mousse. Il voit le mouvement prĂ©cis de ses doigts, le geste presque indiffĂ©rent, comme si elle se lavait simplement
 alors qu’elle sait parfaitement qu’il est lĂ , qu’il regarde, qu’il meurt d’envie, qu’il n’existe plus que pour ce spectacle. Un petit sourire apparaĂźt sur ses lĂšvres. Elle ne le regarde mĂȘme pas. Elle n’a pas besoin. Il reste Ă  genoux, immobile, le cƓur qui bat trop fort dans sa gorge. Son souffle est court. Ses cuisses tremblent lĂ©gĂšrement. Une goutte de sueur lui coule le long de la tempe. Il voudrait s’approcher, coller son front contre le carrelage humide, demander la permission de laper l’eau qui tombe de son corps, de se coller contre la vitre embuĂ©e juste pour sentir sa chaleur. Mais il n’a pas le droit. Pas encore. Pas tant qu’elle ne l’a pas